Armée du Salut

1 Par une circulaire du 12 décembre 2017, les ministres de l’intérieur et de la cohésion des territoires ont demandé aux préfets de constituer des équipes chargées de se rendre dans l’ensemble des structures d’hébergement d’urgence afin de recueillir des informations sur la situation administrative des personnes qui y sont accueillies. (http://www.conseil-etat.fr/Actualites/ Communiques/Circulaire-du-12-decembre-20172) S’il n’est pas explicitement mentionné dans le projet de la Fondation, le principe d’inconditionnalité, c’est-à-dire l’accueil sans conditions de toute personne qui en a besoin, est au fondement de son action jusqu’à aujourd’hui. Mais dans un contexte social de plus en plus difficile, la mise en œuvre de ce principe suscite questionnements et tensions. Faire en sorte de pouvoir accueillir toute personne qui en a besoin : c’est le sens de l’une des orientations stratégiques que la Fondation poursuit actuellement, portant sur l’accueil des personnes les plus vulnérables. Parmi celles-ci, de nombreux migrants, demandeurs d’asile, réfugiés, dont les parcours nourrissent depuis longtemps, et encore plus ces dernières années, la « L’accueil sans conditions » se heurte souvent à la règlementation du droit, de la législation et pourtant pour nous, c’est un socle et un fondement de notre engagement. Celui-ci se pose notamment pour l’accueil de l’étranger, du sans-papiers. Est-ce désobéir ou être en harmonie avec nos valeurs ? Il y a plusieurs années, le Conseil d’administration de la Fondation de l’Armée du Salut a produit un texte sans équivoque « l’être humain ne peut être réduit à une pièce d’identité » . Tout est dit. La dignité humaine ne peut se réduire. Plus facile à dire qu’à faire mais essentiel de le réaffirmer. « Sois le bienvenu ». Le rite de l’hospitalité est ainsi sublimé. Pour autant, dans un contexte où les places manquent, le risque est grand d’un accueil sous conditions. Le principe incontournable d’un accueil sans conditions L’être humain ne se réduit pas à une pièce d’identité mémoire des établissements accueillant des mineurs et adultes en précarité, isolés ou en famille. Comme l’ont souligné des directrices et directeurs d’établissements de la Fondation réunis en séminaire en octobre dernier, c’est parce que le principe d’un accueil sans conditions a une place centrale au sein de l’Armée du Salut qu’elle est confrontée à la question du développement d’une action dite « humanitaire ». Comment tenir bon sur le principe d’accueil inconditionnel lorsque la circulaire « Collomb » 1 , fin 2017, remet en cause le caractère « sanctuarisé » des établissements d’accueil ? Quelles limites fixer aux conditions d’accueil en gymnases pour des personnes étrangères réorientées quelques jours à peine après leur mise à l’abri ? Comme le souligne le philosophe Pierre Zaoui, « l’hospitalité est notre comportement à la fois le plus universel et le plus particulier, […] le seul socle de toute politique Concrètement, nous avons toujours défendu l’accueil inconditionnel et pourtant, les pouvoirs publics n’ont de cesse de construire des dispositifs, des cases : à chaque type de public sa petite boîte, ou pas. Notre résistance trouve son expression traduite par « ouvrons nos portes, poussons les murs et sans relâche, faisons de la fraternité notre devise » Parfois, nous devons discuter avec les autorités, certaines fois avec les citoyens, pour faire entendre notre voix ; mais secourir la détresse humaine impose parfois de s’engager pour protéger. Samuel Coppens Directeur du service Relations Publiques, Communication et Ressources de la Fondation de l’Armée du Salut pleinement humaine, notamment à l’heure d’une humanité mondialisée. » Rappelons-nous le. Olivier Ghezzani Responsable du pôle éditorial de la Fondation de l’Armée du Salut 7

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