Armée du Salut

« C’est cela qui est la joie de la vie : suivre les âmes une à une, et les voir arriver au Sauveur... » « L’empathie pour ce qu’endurent les autres, l’aptitude au dévoue- ment, le culte de l’héroïsme, le goût de l’aventure. » C’est par ces mots que Laetitia Co- lombani présente Blanche Peyron, héroïne de son dernier roman « Les victorieuses ». C’est aussi une vie d’abnégation et d’apostolat qui sera celle de cette offi- cière salutiste. Elle incarne, entre autres, la haute figure de ces femmes qui furent des hérauts de la foi. En 1884, convertie au Christ avant ses dix-sept ans, Blanche Roussel éprouve le chemin de la défiance puis du renoncement. Elle s’engage dans l’Armée du Salut deux ans plus tard. Avec Catherine Booth, pionnière du mouvement en France, elles vont parcourir le pays et la Suisse pour annoncer l’Évangile. Raoul Gout, biographe de Blanche Peyron, les décrit comme « prophétesses en voyage ». Ces initiatives et l’expérience acquise permettent à Blanche, mariée depuis 1891 avec Albin Peyron ( Officier de l’Armée du Salut ), une activité militante d’envergure. Leurs missions d’évangélisation vont porter le souffle du Réveil en Italie et en Suisse. À partir de 1917, nouvellement promus chefs de l’Armée du Salut en France, le couple entreprend de nombreuses réalisations dans tout le territoire : foyers du soldat ; les postes d’évangélisation de Nancy, Calais, Lille, Metz, Besançon, Nice, Belfort, Dieppe. Puis la région parisienne ; la Salle centrale ; le Palais du Peuple ; le refuge féminin de Beaubourg ; l’œuvre des petits vagabonds ; l’œuvre de la zone ; le Palais de la femme ; le Soleil d’automne ; l’asile flottant Louise-Catherine ; l’œuvre pour Blanche Peyron (1867-1933) les bagnards ; la Maison du jeune homme ; la Citadelle du Salut ; le Foyer du peuple et la Cité de Refuge. Autant d’œuvres que reconnaîtra la République française : Blanche Peyron est nommée chevalier de la Légion d’honneur en 1931. Si remarquables qu’elles soient, ces réalisations n’ont jamais constitué l’essentiel du ministère de Blanche Peyron. Elle fut, au premier chef, une conseillère et une conductrice d’âmes. Elle réalise sa vraie vocation, et peut ainsi déclarer : « C’est cela qui est la joie de la vie : suivre les âmes une à une, et les voir arriver au Sauveur... » Raoul Gout assure « [qu’]elle avait le don de gagner la confiance, de trouver le chemin du cœur, de discerner les besoins de chaque cas particulier, d’aller au fond des choses. » Avant tout, elle prêchait d’exemple. Sa vie donnée était un argument irréfutable pour la cause de son Maître. Ainsi, Catherine Bramwell-Booth, la fille du fondateur William Booth, affirma « Il est plus difficile de nier le Christ quand on a connu Blanche Peyron » . Le dimanche 21 mai 1933 est pour elle le jour sans lendemain. Sur le chemin qui monte, Blanche Peyron est arrivée à la maison du Père. Sa tombe, à Saint- Gorges-les-Bains, en Ardèche, porte ces versets de la Bible, émouvante évocation d’une carrière victorieuse : Jette l’or dans la poussière, l’or d’Ophir parmi les cailloux des torrents ; et le Tout-Puissant sera ton or, ton argent, ta richesse. (Job 22,24- 25) . Sergent-major Marc Muller Hommage à Blanche Peyron, « En Avant » du 3 juin 1933 DOSSIER La place des femmes à l’Armée du Salut 5

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