Armée du Salut

Lætitia Colombani est romancière, cinéaste et comédienne. Auteure à succès avec son premier roman « La tresse », féministe convaincue, elle a souhaité une nouvelle fois mettre les femmes à l’honneur dans son dernier roman : « Les victorieuses ». Elle y fait découvrir le Palais de la Femme 2 , mais surtout la Commissaire Blanche Peyron dont le ministère l’a tant interpellée. Dans un entretien, Lætitia nous confie comment elle a été touchée par la place accordée à la femme à l’Armée du Salut depuis sa création, il y a 150 ans. Dans votre livre, vous rendez hommage aux femmes, pourquoi cela a-t-il tant d’importance pour vous ? Je suis depuis toujours sensible au combat et à la cause des femmes. Depuis que je suis maman, je le suis encore plus. Les personnages féminins reconnus sont bien souvent trop absents dans tous les milieux : artistiques, sportifs, scientifiques... Dans mes romans, je souhaite les mettre à l’honneur. Je me définis comme féministe et souhaite que notre société soit plus juste dans l’égalité homme-femme qui reste un vrai combat encore aujourd’hui. Dans le modèle du couple d’officiers de l’Armée du Salut tel qu’il existe depuis sa création, vous avez été interpellée par la vocation de couple ? Je ne connaissais l’Armée du Salut que par sa mission sociale. En me documentant sur l’histoire de cette organisation, j’ai été agréablement surprise de découvrir que, dès les débuts, les femmes avaient la possibilité de prêcher, qu’elles avaient les mêmes grades que leur mari et occupaient les mêmes fonctions. Cette volonté affirmée, de laisser la femme être l’égale de l’homme, était novatrice en cette fin de XIX e siècle. Cela est toujours le cas aujourd’hui pour de nombreux courant religieux qui sont très en retard sur ces questions. Les textes religieux ne doivent pas être réservés aux hommes. C’est une des raisons qui m’a donné envie de parler de l’Armée du Salut. Que pensez-vous de la vocation spirituelle, particulièrement celle de Blanche Peyron ? En lisant le livre de Blanche Peyron « Sur le chemin qui monte » édition de l’Armée du Salut, j’ai découvert une femme très ancrée dans sa spiritualité. L’engagement dans toutes ses dimensions est toujours passé au premier plan dans la vie de Blanche. « Les victorieuses » 1 : des femmes engagées et passionnées Je m’intéresse beaucoup aux religions, ces questions me touchent, j’ai envie de comprendre comment on peut consacrer sa vie entière à sa vocation. Très jeune, une de mes amies a été attirée par l’ordre des sœurs carmélites et a souhaité y prendre le voile. Cela a été pour moi une vraie interrogation. Pensez-vous aujourd’hui qu’il y a encore d’autres Blanche Peyron ? Bien sûr, mais souvent elles sont anonymes ! Je pense à toutes ces femmes engagées dans un travail social, comme au Palais de la Femme d’ailleurs, les salutistes ou toutes celles qui luttent pour plus de justice et qui sont altruistes. Il y a dans notre société beaucoup de « héroïnes » qui ne font pas de bruit et qui portent des valeurs humanistes. En tant que féministe, quel est votre « rêve » ? Que la femme puisse s’épanouir dans la société et qu’elle puisse prendre la place qui lui revient de droit, dans l’entreprise, dans la famille, dans la communauté religieuse. Propos recueillis par Cécile Clément 1 Lætitia Colombani. Les victorieuses. Grasset. 2019. 2 Foyer d’accueil de l’Armée du Salut à Paris. Lætitia Colombani, réalisatrice, actrice, scénariste et écrivaine DOSSIER La place des femmes à l’Armée du Salut Rencontre 4 En Avant

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