La vision de William Booth pour l’Armée du Salut aujourd’hui, réflexion du major Patrick March 2024-03-15T11:46:14+01:00

La vision de William Booth pour l’Armée du Salut aujourd’hui
Réflexion du major Patrick March

L’Armée du Salut en Occident n’est pas épargnée par le déclin préoccupant que subissent de nombreuses églises. Depuis que je fréquente l’Armée du Salut (mois de mai 1971), j’ai constaté la fermeture de plusieurs postes de notre Congrégation, certains dans de très grandes agglomérations.

Il est évident qu’il peut paraître à certains observateurs que l’impératif évangélique de la vision de William Booth s’est quelque peu évaporé ! Alors avons-nous perdu la vision de la nécessité et de l’urgence d’annoncer le message du salut aux âmes perdues ?

Je pense que sa vision serait inchangée car il souhaiterait aider ardemment les gens à éviter les méandres de l’enfer afin qu’ils passent l’éternité avec Dieu au Paradis. Mais sa vision englobait aussi le salut de ce monde par des actions qui permettraient à ceux qui déjà vivaient l’enfer sur terre de trouver une porte de sortie et de prendre le chemin de la restauration, de la dignité et de l’espérance.

En entamant cette réflexion de ce que serait sa vision , il nous faut définir ou redéfinir notre mission dans un monde qui a plus-que-jamais besoin d’attendre la bonne nouvelle de pardon, de salut, de réconciliation, d’amour et de transformation de l’Évangile. Alors « Quelle serait sa vision pour l’Armée du Salut du 21e siècle ? Que penserait-il notre de cette situation actuelle?  Que nous dirait-il avec sa voix rocailleuse et passionnée ? »

Je crois que pour comprendre et pénétrer la pensée, la vision, les pensées et le message de William Booth il faut nous plonger dans notre Histoire et nos racines pour saisir pleinement la raison de notre existence et notre place unique et distincte au sein de l’Église Universelle.

Souvenez-vous, nous sommes un beau matin du mois de mai 1878. William Booth vient de se réveiller et encore en robe de chambre, il est envahi par une vision d’inspiration divine. Ce moment de génie et de foi en Dieu qui allait déterminer le futur du mouvement se produisit lorsqu’il a lu la première page du rapport annuel de la Mission Chrétienne qui disait : « La Mission Chrétienne est une Armée de Volontaires». Il s’empressa de se saisir du stylo des mains du lieutenant George Scott Railton (plus tard première personne à accéder au grade de commissaire) pour raturer «Armée de Volontaires » et écrire « Armée du Salut ».

Notons qu’à cette époque, notre fondateur dirigeait efficacement la Mission Chrétienne qu’il avait fondé en 1865. Celle-ci, sous l’impulsion de l’Esprit Saint,  s’était développée à une vitesse phénoménale et comptait en Grande-Bretagne 45 branches missionnaires et 1000 évangélistes et volontaires.

Entre 1881 et 1885 le mouvement salutiste se répandit rapidement et s’implanta sur 4 continents : Europe, Afrique, Océanie, Amérique dans des pays aussi divers que l’Amérique, le Canada, l’Australie, la France, la Suisse, l’Afrique du Sud, l’Islande et l’Allemagne.

De nos jours le drapeau salutiste « bleu, rouge et jaune » flotte dans 133 pays (statistiques exactes au 1er janvier 2022). Il est évident que la vision de William Booth était divinement inspirée et a conduit à un développement irrésistible de notre mouvement.

Je suis profondément convaincu que ces paroles adressées, quelques mois après la fondation de l’Armée du Salut, par notre fondateur dans le journal « le salutiste» lors de son édition du mois de janvier 1879, définissent clairement notre mission, et sont extrêmement pertinentes de nos jours comme elles le furent à l’époque : « Nous sommes le peuple du salut. C’est notre spécialité : sauver des âmes perdues, s’assurer qu’elles restent sauvées, et en sauver d’autres, et nous sauver nous-mêmes encore plus. Notre ministère c’est le salut. Nous croyons au salut et nous avons le salut… Notre but c’est le salut… Mes frères et mes sœurs, mes camarades, le salut des âmes est notre vocation, la grande œuvre de notre vie et notre but ultime. Recherchons d’abord le Royaume des Cieux et soyons des salutistes authentiques».

Le salut des âmes qui vivaient dans l’ignorance l’amour Dieu était la préoccupation majeure de William Booth et il réitérerait passionnément et souvent cette mission comme il le fit en signant le livre d’or lors d’une visite au Roi Édouard VII : « Votre Majesté, l’ambition de certains hommes est l’amour des arts, l’ambition de certains hommes la renommée, l’ambition de certains hommes est l’or, mon ambition est l’âme des hommes».

Cette détermination est si bien illustrée par l’anecdote suivantes : Rudyard Kipling le célèbre auteur du « Livre de la Jungle » voyageait en bateau avec William Booth lorsque dans une conversation, répondant à une des questions, le fondateur lui répondit en fronçant les sourcils : « Jeune homme, si je pensais pouvoir gagner une âme de plus en marchant sut la tête et en jouant du tambourin avec mes orteils, j’apprendrais comment le faire».

Personnellement, je pense que sa voix rocailleuse, ferme et passionnée retentirait encore aujourd’hui et rappellerait à tous les membres de l’Armée du Salut l’essence profonde de leur mission qui est plus-que-jamais d’actualité de nos jours : LE SALUT DES ÂMES.

Les salutistes ne doivent pas oublier que lorsqu’ils sont enrôlés ils déclarent leur adhérence à cette affirmation théologique essentielle : « Nous croyons à l’immortalité de l’âme, à la résurrection du corps, au jugement universel lors de la fin du monde, au bonheur éternel des justes et au châtiment éternel des méchants» doctrine numéro 11 ;

À ceux qui ne sont pas totalement persuadés de la véracité de cette doctrine, il leur diraient , « vous savez, la plupart des chrétiens aimeraient envoyer leurs recrues dans une école biblique pendant cinq ans. J’aimerais les envoyer en enfer pendant cinq minutes. Cela ferait plus que toute autre chose pour les préparer à une vie de ministère compatissant.»

Il est évident que William Booth, imprégné fortement par le courant théologique évangélique et méthodiste du 19e siècle, partageait la croyance que celui ou celle qui n’accepte pas Jésus comme Sauveur et Seigneur serait irrémédiablement perdu et irait en enfer. Il ne pouvait pas se résoudre à envisager qu’un seul être humain puisse passer l’éternité sans la présence de Dieu. Voilà pourquoi il convierait fortement les salutistes d’aujourd’hui à proclamer inlassablement à leurs contemporains la nécessité d’accepter le salut offert gratuitement par la mort de Jésus-Christ sur la Croix, de demander le pardon des péchés, d’expérimenter l’amour de Dieu et de partager l’assurance de l’espérance de la vie éternelle.

La question fondamentale qui se pose aux membres de l’Armée du Salut en Occident est la suivante : « Croyons-nous au bonheur éternel des justes et au châtiment éternel des méchants ? » ou « Pensons-nous qu’une telle déclaration est surannée et n’a plus sa place dans notre ethos ? »

Une preuve symptomatique de ce phénomène de ne plus croire en l’urgence du salut peut se trouver dans l’absence du cantique « Publier bien haut la grande nouvelle » dans le plus récent livre de chants salutiste francophone l’Unisson. Le refrain exprime précisément l’ethos salutiste : « Le salut pour tous, le salut par grâce, À tous est offert, à tous est donné, Oh ! Venez, pécheurs, Venez, le temps passe, Et vous serez pardonnés ».

Comment a-t-on pu omettre un tel cantique dans notre hymnologie qui nous invite à la Mission ? Il me semble que l’on se soit éloigner volontairement ou involontairement de la vision du fondateur.

Booth soulignerait à ses troupes l’importance d’obéir impérativement à l’ordre missionnaire de Jésus à ses disciples : « Allez donc dans le monde entier, faites des disciples de tous les peuples » Matthieu 28 : 19, et de ne pas oublier nos racines : les bas-fonds des quartiers populaires de l’Est londonien où la misère la plus horrible et inacceptable régnait et où des hommes, des femmes, parmi lesquels les plus vulnérables, des enfants et des vieillards étaient voués à la perdition spirituelle, morale, physique et financière sans connaître le message de pardon des péchés, de salut, d’amour, de réconciliation, de régénération, de transformation, d’espérance et de paix de la bonne nouvelle de l’évangile de Jésus-Christ.

Ce « prolétariat » qui se sentaient mal-à-l’aise dans les églises traditionnelles ou ne s’y sentait le bienvenu, existe sous différentes formes encore aujourd’hui. L’Armée du Salut doit partager par la multiplicité de ses actions son message holistique de salut si bien défini par notre leitmotiv « Soupe, Savon, Salut ».

En effet, Booth disait « on ne peut pas réchauffer le cœur des gens avec l’amour de Dieu, s’ils ont le ventre vide et les pieds froids ». Il faut d’abord apporter des réponses crédibles et concrètes aux besoins de nos contemporains, et ensuite partager la raison qui motive nos actions : notre adhérence au message de Jésus et notre amour inconditionnel du prochain. C’est l’offre de ce que j’appelle le « salut holistique ». C’est-à-dire qui touche la globalité de la personne, à savoir : spirituelle, physique, psychologique, socioculturelle et environnementale. Oui, nous constatons, non sans un brin de fierté, que notre fondateur était un précurseur et un visionnaire, avec pour but l’amélioration de la condition de la race humaine et la présentation du message de l’évangile.

Notre appel, le terrain le plus propice, là où nous sommes les plus efficaces et devrions être les plus à l’aise, c’est là où règnent la misère et la déchéance humaines. C’est dans de tels endroits que notre présence, nos actions et notre message sont les plus indispensables.

Alors de quelle façon le Fondateur ferait-il face à la culture ambiante actuelle dans nos sociétés occidentales en cette ère post chrétienne ? Il nous inviterait à être une communauté chrétienne radicalement engagée dans la proclamation de la bonne nouvelle du salut et dans la lutte passionnée pour l’éradication de toutes les misères humaines. Il nous encouragerait à avoir une réflexion sérieuse sur les évolutions culturelles, scientifiques, éthiques et sociétales afin que nous apportions des solutions précises aux problèmes au monde actuel.

William Booth était un pragmatique et un visionnaire qui s’adaptait systématiquement aux changements sociétaux, ce qui le conduisait à entreprendre des actions pertinentes et ciblées pour répondre aux besoins spirituels et humains de ses contemporains.

Il nous remémorait la pressante nécessité d’être une Armée visible, mobilisée et agissante dans laquelle chaque membre, sans exception, à un rôle primordial à jouer. C’est « le sacerdoce universel des croyants », thème précieux aux yeux de la théologie protestante. En fait, lorsque William Booth voyait les soldats de l’empire britannique dans leurs beaux uniformes qui partaient à la guerre, il réalisait que chacun d’eux avait une fonction spécifique à accomplir, et qu’aucune défaillance n’était permise dans les batailles car cela pouvait mettre ses compagnons en danger et conduire la mission à l’échec. Il souhaiterait que les salutistes soient une force dynamique pleinement engagée quotidiennement et concrètement dans la mission et l’action militante.

Si William Booth parlait à son Armée du Salut il serait extrêmement exigeant à notre égard en constatant de la situation du monde qui s’éloigne, peu à peu, mais sûrement du message de pardon, de transformation et l’amour de Dieu. Utilisant la métaphore d’une Armée il disait : « Ils (les soldats) sont engagés pour combattre, payés pour combattre, on s’attend à ce qu’ils répondent présents et on compte sur eux des que le combat commence, s’ils défaillent, malheur à la nation qui a compté sur eux et malheur aux soldats aussi».

Il nous convierait à être totalement opérationnels et impliqués dans la proclamation de la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ à tous les êtres humains en

  • Luttant efficacement contre la misère et la pauvreté, l’exploitation abusive et intolérable de l’homme par l’homme,
  • Sensibilisant les autorités et le public sur les conséquences odieuses et permissives du trafic des êtres humains et l’esclavage, des inégalités sociales, des conditions inhumaines de travail dont certains sont les victimes à travers le monde.
  • Élaborant des programmes contre l’illettrisme, la solitude, la faim, le mal-être physique et psychologique de beaucoup de nos semblables.
  • Accueillant les migrants et les réfugiés.

Il sensibiliserait chaque salutiste à prendre conscience des facteurs suivants :

  • Les enjeux climatiques et de leurs effets néfastes sur les populations appauvrie,
  • Les difficultés d’accès aux soins et à l’éducation de millions d’êtres humains,
  • Les effets pervers du racisme, de l’homophobie et des discriminations aux causes multiples subies par une grande partie de l’humanité,
  • La lutte incessante contre l’éradication de la pauvreté et des injustices sociales.

Oui, nos défis sont immenses mais comme William Booth, par la foi qui nous anime nous sommes pleinement convaincus « que rien n’est impossible à Dieu » Luc 1 : 37.

À l’image de notre Fondateur, nous devons toujours allier l’annonce du salut avec la mise en place de structures et programmes qui répondent judicieusement et courageusement aux besoins les plus intimes de la race humaine.

Nous devrons être « la voix des sans voix, le refuge de tous ceux qui sont déboussolés et qui souffrent et la source d’espérance spirituelle de tous ceux qui ignorent l’amour illimité de Dieu.»

William Booth serait pleinement conscient que l’Armée du Salut qui évolue dans l’ère postmoderne dans laquelle les individus recherchent des solutions au pourquoi de l’existence, ne peut plus utiliser les méthodes du passé pour accomplir ses missions si elle veut être efficace et obtenir des résultats. Dans le domaine ecclésial (la Congrégation), il souhaiterait que nous nous adaptions par une modernisation de notre message,  une révision de notre terminologie et de nos structures organisationnelles, une actualisation de notre missiologie et de notre théologie et un changement de notre vocabulaire, très souvent désuets, incompréhensibles voir obsolète.

N’oublions pas que nous vivons dans une société post chrétienne qui ne connaît que très peu les récits bibliques encore moins son message et pour laquelle le mot salut n’a pas toujours la même signification que la nôtre. Certaines des expressions que nous utilisons sont totalement étrangères au commun des mortels. Il nous faudra beaucoup de courage et de détermination pour révolutionner fond en comble nos mentalités qui sont quelquefois sclérosées par le passé et par la peur du changement. Mais voulons-nous suivre Jésus et accomplir efficacement notre mission dans notre contexte actuel ?

William Booth a semé voilà plus de 150 ans une graine fertile féconde de salut et de foi, et ce malgré l’opposition, la pauvreté, les insultes, le ridicule, la calomnie et les persécutions qu’il a dû subir. Cette graine, plantée dans l’Est de Londres, a poussé et à mûri pour devenir une église chrétienne et une organisation caritative qui compte aujourd’hui : 1 250 413 soldats, 172 748 adhérents, 412 346 jeunes soldats, 14 703 postes (paroisses), 26 116 officiers (pasteurs), 101 352 employés, 566 259 enfants qui fréquentent nos écoles du dimanche, 46 934 programmes de développement communautaire dans les postes (paroisses) 3 717 institutions sociales pour les SDF, 220 centres qui s’occupent des victimes d’addiction, 210 maisons d’enfants, 147 EHPAD, 195 projets de reconstruction suite à des catastrophes naturelles, 28 hôpitaux, 39 maternités.

Ces statistiques impressionnantes internationales corroborent l’ampleur de notre mission.

Mondialement, dans chacun de nos postes et de nos centres sociaux, s’accomplit la mission holistique du mouvement salutiste qui est inspiré par l’amour de Dieu, et qui est d’annoncer le message de l’Évangile de Jésus-Christ et de soulager en son nom, sans discrimination, les détresses humaines. Alors, soyons courageux dans l’expression de notre témoignage de foi, soyons plus visibles, plus fiers de nos valeurs et de l’héritage que nous lègue notre Histoire, soyons toujours plus entreprenants et plus résolus dans nos actions. Faisons envie aux autres de nous rejoindre. Illuminons notre pays de la lumière de Jésus et répandons partout cette bonne nouvelle du salut.

Les défis auxquels la Congrégation en France est confrontée sont multiples et complexes. En effet, malgré la consécration des officiers, l’engagement de ses membres et le dévouement de ses bénévoles, elle a perdu du terrain et certains de ses postes, à l’exception de région parisienne et de certaines grandes villes régionales, ne réunissent que de petites assemblées quelquefois vieillissantes. Soyons lucides ; ce n’est qu’à partir de ce constat que nous pourrons refaçonner et redynamiser notre Armée du Salut pour qu’elle soit prête à répondre aux attentes spirituelles de nos contemporains et à reprendre le chemin de la croissance spirituelle et numérique.

Si William Booth s’adressait à nous il dirait « Je ne veux pas d’un autre corps ecclésiastique qui encombre la terre. Lorsque l’Armée du Salut cessera d’être un groupe militant d’hommes et de femmes enthousiaste dont l’objectif est de sauver des âmes, j’espère qu’elle disparaîtra complètement.

Alors oui, il plaiderait auprès de chaque salutiste le besoin d’un grand réveil religieux, d’un renouvellement spirituel intérieur et d’un nouvel élan dynamique dans l’annonce de l’évangile qui nous conduirait à nous impliquer entièrement dans la recherche des âmes qui vivent dans l’ignorance de l’offre du plan de salut de Dieu.

Et bien évidemment, Booth nous rappellerait que nous sommes également un mouvement qui prône l’importance de vivre une vie sainte exemplaire qui reflète authentiquement le message et les actes de notre Seigneur Jésus. Les écritures nous le rappelle  : Soyez saints, car je suis saint » 1 Pierre 1 : 15-17, Lévitique 19 : 2 (la Bible du Semeur).

Il ne faut pas oublier les origines méthodistes de William Booth dont notre théologie en est profondément imprégnée, d’où l’importance de cet appel à la vie sainte et de notre doctrine de la sanctification « Nous croyons que c’est le privilège de tous les enfants de Dieu d’être sanctifié tout entiers, et plus que tout leur être, l’esprit, l’âme et le corps, peut être conservé irrépréhensible, pour l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5 : 23) » (doctrine Numéro 10).

Oui, Chaque être humain a été créé afin d’aimer Dieu de tout son être et son prochain comme lui-même. Le message optimiste de la sainteté croit que cela est possible par la grâce de Dieu. Mais cette tâche n’est jamais terminée.

Nous voulons être les personnes que Dieu souhaite que nous soyons : le reflet de son image parfaite.  Cela sera prouvé par notre capacité à l’aimer et à aimer notre prochain comme nous-mêmes. En ce 21e siècle la sainteté doit être la quête enthousiaste des salutistes. Le paradigme salutiste de la grâce est ce qui doit nous motiver et nous devons la vivre dans ce 21e siècle post chrétien comme un témoignage de foi essentiel aux générations du futur. Voilà pourquoi j’aimerais vous dire que pour ceux que vous côtoyez quotidiennement , vous êtes là seule Bible que certains liront, que vous êtes le seul Christ que certains verrons, surtout lorsque vous portez dignement et fièrement votre uniforme salutiste qui rappelle à tous que nous sommes «Sauvés pour Servir».

Alors permettez-moi de vous poser quelques questions :

  • « Combien d’âmes avez-vous conduit à Jésus l’an passé ? »
  • « Combien de nouveaux membres se sont ajoutés aux registres de votre Poste l’an passé ? »
  • « Quel bilan dressez-vous de l’impact du ministère de votre poste dans votre localité ? »

J’espère que de vos réponses honnêtes et réalistes, découlera le désir de voir un réveil spirituel dans votre vie, dans votre poste et dans notre bien-aimée Armée. C’est primordial pour le futur de ce grand mouvement fondé voilà 146 ans si nous voulons continuer à être « le peuple du Salut ». Ne l’oublions jamais : « les dons de Dieu et son appel sont irrévocables» Romains11 : 29. Notre appel au sein du corps de Christ est précieux et unique, ne le négligeons-pas par paresse spirituelle, manque d’engagement ou manque de foi.

Le Fondateur, que l’on peut considérer, sans se tromper, de prophète des temps moderne, n’était pas un homme de demi-mesure, ni d’engagement en demi-teintes, S’il pouvait nous parler, il réitérerait ces paroles « Allez, chercher les âmes, allez vers les pires».

Sommes-nous une Armée timorée ou paralysée devant l’énormité de la tâche qui nous attend ou sommes-nous pleinement convaincus de notre appel unique à être le peuple du salut au sein de l’Église Universelle.  En phase avec le Fondateur, le général Albert Osborne affirmait dans ses interventions que « L’Armée du Salut est une mission permanente auprès des inconvertis ».

Pour bien comprendre les sentiments de William Booth sur ce que devrait être l’engagement salutiste d’aujourd’hui voilà ce qu’il disait en 1904  « J’ai vu un nouveau groupe d’officiers naître soudainement… ils semblaient manifester des signes extraordinaires de sérieux, d’abnégation et de détermination unique ; en effet… un groupe téméraire et casse-cou… affrontant l’opposition et les difficultés avec douceur, patience et amour… parlant aux gens dans les rues… partout où ils en avaient l’occasion, au sujet de la mort, du jugement, de l’éternité, de la repentance, du Christ et du salut…»

Le futur et le développement de notre Congrégation de l’Armée du Salut dépend de notre foi et de notre adhésion sans réserve à la vision de William Booth qui est d’œuvrer inlassablement pour le salut de nos contemporains.

Nous ne voulons pas reproduire le passé qui est révolu mais créer des conditions spirituelles favorables sous l’inspiration de l’Esprit Saint pour révolutionner le monde avec le message du salut.

Dieu compte sur nous. De notre décision à le suivre fidèlement et courageusement dépend le salut des âmes et le futur de notre Congrégation.